Changer d'opérateur en gardant son numéro : la procédure

Changer d'opérateur en gardant son numéro : la procédure

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Conserver son numéro en changeant d’opérateur tient à une seule démarche : récupérer son code RIO au 3179, puis le remettre au nouvel opérateur au moment de souscrire. Celui-ci résilie l’ancienne ligne à votre place. Le portage aboutit en trois jours ouvrables au maximum, sans le moindre frais.

Un droit encadré, pas un geste commercial

La conservation du numéro ne dépend pas de la bonne volonté des opérateurs. Elle figure à l’article L.44-4 du code des postes et des communications électroniques, qui transpose l’article 106 de la directive européenne 2018/1972 établissant le code des communications électroniques européen.

L’Arcep en a précisé les modalités par une décision adoptée le 6 décembre 2022, homologuée par un arrêté du 15 mars 2023 et entrée en vigueur le 1er décembre 2023. Trois principes y tiennent lieu de socle : aucun frais direct pour l’abonné qui exerce ce droit, un portage traité dans des délais plafonnés, et une résiliation automatique de l’ancien contrat à l’instant précis où le numéro bascule.

Le mouvement reste massif, même s’il ralentit. L’Arcep relevait qu’en 2021, plus de 7 millions d’abonnés mobiles et plus de 3 millions d’abonnés fixes avaient conservé leur numéro en changeant d’opérateur. Son observatoire du quatrième trimestre 2025 comptabilise 1,66 million de numéros portés sur le seul trimestre, en recul de 25 % sur un an. Les offres sans durée minimale ont banalisé le geste, pendant que la guerre des prix cessait de provoquer les vagues de départs des années précédentes.

Le RIO, douze caractères et un appel gratuit

Le relevé d’identité opérateur identifie une ligne de façon unique. Sans lui, aucune demande de portage n’aboutit, faute pour le nouvel opérateur de pouvoir prouver que la ligne vous appartient.

Deux chemins mènent au même résultat. Composez le 3179 depuis la ligne concernée : le serveur vocal tourne 24 heures sur 24 et l’appel ne coûte rien. Plus rapide encore, envoyez le mot RIO par SMS à ce même numéro, la réponse arrive en quelques secondes. Le code compte douze caractères alphanumériques, à recopier sans la moindre erreur de saisie.

Trois précisions changent tout dans les situations tendues :

  • Depuis le 1er décembre 2023, le RIO est délivré gratuitement à tous les utilisateurs finals, professionnels compris.
  • Un opérateur ne peut pas conditionner sa délivrance au règlement d’une facture impayée.
  • Le 3179 reste joignable depuis un forfait bloqué sans crédit disponible, comme depuis une ligne prépayée.

Une ligne, un code. Un foyer qui déplace quatre lignes récupère quatre RIO distincts, chacun demandé depuis le mobile concerné. Les opérateurs communiquent sur une validité de trente jours : passé ce cap, redemandez-le, la manipulation prend dix secondes.

Le 3179 appartient à la famille des numéros courts gratuits, jamais facturés au service rendu. La distinction mérite d’être connue, car d’autres numéros à quatre chiffres suivent des règles inverses, détaillées dans notre point sur les numéros surtaxés.

Ce que « trois jours ouvrables » recouvre vraiment

Le délai annoncé n’a rien d’une estimation commerciale. C’est un plafond réglementaire, et il se découpe en séquences attribuées à des acteurs différents.

ÉtapeQui agitDélai maximal
Dépôt de la demande de portageLe nouvel opérateurJour de la souscription
Vérification de l’éligibilité de la ligneL’ancien opérateur2 jours ouvrables
Portage effectif du numéroLes deux opérateurs1 jour ouvrable
Résiliation de l’ancien contratAutomatiqueLe jour du portage

Le cumul plafonne à trois jours ouvrables pour une ligne mobile, week-ends et jours fériés exclus du décompte. Une demande déposée un vendredi soir aboutit donc plutôt en milieu de semaine suivante, ce qui explique la plupart des attentes vécues comme anormales.

Rien ne vous oblige à subir cette cadence. Vous pouvez demander une date différée, réflexe utile avant un déplacement professionnel ou pendant une semaine de forte activité. Le jour J, l’interruption dure de quelques minutes à quelques heures : la ligne se détache de l’ancien réseau, puis se rattache au nouveau. Redémarrez le téléphone si le réseau tarde à réapparaître après l’activation.

Enveloppe ouverte et feuille de contrat posées sur une table de salon en bois

L’erreur qui fait perdre le numéro

Résilier soi-même avant de souscrire ailleurs : voilà le geste qui coûte le plus cher, et il paraît pourtant frappé au coin du bon sens.

Le portage emporte la résiliation. Dès que le numéro bascule, l’ancien contrat prend fin de manière concomitante, sans courrier recommandé, sans préavis à poser, sans appel au service client. Une résiliation déposée en amont casse ce mécanisme et coupe la ligne avant même que le nouvel opérateur ait pu déposer sa demande.

Un filet de sécurité existe malgré tout. Un numéro résilié entre en quarantaine pendant quarante jours calendaires, période durant laquelle il reste portable vers un nouvel opérateur. Ce dispositif, étendu à l’ensemble des numéros par la décision de l’Arcep, sauve la majorité des dossiers mal engagés. Sur une ligne mobile, l’ancien opérateur doit rouvrir le service au moins sept jours calendaires, sans frais, le temps que vous obteniez le RIO.

Au-delà de quarante jours, le numéro retourne dans le stock de l’opérateur et sera réattribué à un autre abonné. Aucun recours ne le récupère.

Ce que l’engagement ajoute à l’addition

La portabilité ne coûte rien. Le contrat que vous quittez, parfois si.

L’article L224-28 du code de la consommation plafonne à vingt-quatre mois la période minimale d’exécution d’un contrat de communications électroniques. Au-delà de douze mois d’engagement, le consommateur doit pouvoir résilier par anticipation dès la fin du douzième mois, en réglant au plus le quart des sommes dues au titre de la fraction non exécutée. Le plafond descend à 20 % quand l’offre s’accompagne d’un terminal subventionné. Ces règles s’appliquent depuis le 1er janvier 2023, dans le prolongement de la loi du 16 août 2022 portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat.

Faites ce calcul avant de déposer la demande, jamais après. Douze mensualités restantes sur un engagement de deux ans représentent une somme qui annule parfois plusieurs mois d’économie sur la nouvelle offre. Les formules sans durée minimale suppriment complètement l’équation, argument développé dans notre sélection de forfaits sans engagement.

Deux lignes de facture s’ajoutent souvent à ce total : des frais de mise en service côté nouvel opérateur, facturés une seule fois, et le solde d’un téléphone financé en plusieurs mensualités, qui survit tranquillement à la résiliation du forfait.

Vitrine d’une boutique de téléphonie dans une rue française au crépuscule

Préparer le téléphone avant la bascule

Un portage se prépare en dix minutes, et ces dix minutes évitent une soirée entière sans ligne.

Le format de la carte fixe le tempo. Un profil opérateur dématérialisé se télécharge en scannant un code fourni à la souscription, sans attendre le moindre courrier : la bascule se joue le jour même. Une carte physique impose un délai postal, à intégrer au calendrier. La montée en puissance de ce format chez les opérateurs français est décrite dans notre article sur l’adoption de l’eSIM.

Quelques vérifications valent le détour avant de valider la commande :

  • Sauvegardez les contacts stockés sur la carte SIM elle-même, que le portage ne transfère jamais.
  • Recensez les services rattachés au numéro : messagerie vocale, validation bancaire par SMS, comptes en ligne.
  • Vérifiez que le téléphone accepte les bandes de fréquences exploitées par le réseau visé.
  • Réactivez les appels Wi-Fi et la VoLTE après la bascule, ces réglages se réinitialisent souvent.

Testez enfin la couverture du nouveau réseau à votre adresse avant de vous engager, plutôt qu’après le premier appel coupé. Les écarts entre opérateurs au même point de la carte sont bien réels, et la méthode de mesure figure dans notre guide pour améliorer la réception mobile chez soi.

Quand le portage dérape, ce que vous pouvez réclamer

Un portage échoue parfois. Le cadre prévoit une réparation chiffrée, très rarement réclamée parce que très peu connue.

L’article L.224-42-1 du code de la consommation fixe des planchers d’indemnisation forfaitaire :

Incident constatéIndemnisation minimale
Retard de portage du numéroUn cinquième de l’abonnement mensuel par jour de retard
Numéro définitivement perduVingt-quatre fois l’abonnement mensuel
Rendez-vous technicien non honoréUn cinquième de l’abonnement mensuel par jour jusqu’à la nouvelle intervention

Le versement intervient dans un délai maximal de trente jours après votre réclamation. Ces montants restent des minima : rien n’interdit à un opérateur d’aller au-delà, ni à vous de demander davantage quand le préjudice dépasse ce barème, coupure d’une ligne professionnelle en tête.

La marche à suivre reste classique. Réclamation écrite au service client, en datant précisément la demande de portage et la coupure constatée. Escalade au service consommateurs si la réponse ne convient pas. Saisine du médiateur des communications électroniques une fois les recours internes épuisés. Conservez chaque échange horodaté, la chronologie fait le dossier.

Main tenant un smartphone éteint face à un paysage de collines avec une antenne relais au loin

Le numéro fixe joue avec d’autres règles

Le raisonnement précédent vaut pour le mobile. Sur le fixe, deux différences pèsent lourd.

Le découpage géographique s’est assoupli. Depuis le 1er janvier 2023, les contraintes qui liaient un numéro géographique en 01 à 05 à sa zone d’origine ont été alignées sur celles des 06, 07 et 09. Un abonné lyonnais en 04 qui déménage à Rennes conserve désormais sa ligne, ce qui restait impossible auparavant. L’outre-mer demeure hors de ce périmètre : le portage fonctionne à l’intérieur d’un territoire, jamais entre deux territoires ni vers la métropole.

Les lignes fixes professionnelles suivent leur propre calendrier. Le délai maximal de traitement, historiquement fixé à sept jours ouvrables, converge progressivement vers trois jours ouvrables d’ici au 1er juillet 2027, ce qui alignera les entreprises sur le régime grand public. Une migration de standard se planifie donc encore avec de la marge, contrainte que les structures intègrent au moment de choisir leur solution de téléphonie.

La chronologie qui évite la coupure

Trois moments suffisent à cadrer l’opération, et leur ordre n’a rien d’indifférent.

  • En amont : vérifiez la date de fin d’engagement, la couverture du réseau visé à votre adresse et le solde d’un éventuel téléphone financé.
  • La veille : demandez le RIO au 3179, sauvegardez les contacts de la carte SIM, préparez le nouvel appareil si vous en changez.
  • Le jour de la souscription : renseignez le RIO, choisissez le format de carte et, au besoin, une date de portage différée.

Rien d’autre ne vous incombe. Ni lettre recommandée, ni appel au service client de l’opérateur quitté, ni démarche de résiliation à engager en parallèle. Le silence de l’ancien opérateur pendant les jours qui suivent est le signe que la procédure se déroule normalement.

Une dernière vérification s’impose le lendemain du portage : appelez votre propre numéro depuis une autre ligne, envoyez-vous un SMS, testez la connexion de données. Si l’un des trois échoue plus de vingt-quatre heures après l’activation, ouvrez une réclamation écrite le jour même. Le décompte de l’indemnisation démarre au premier jour de retard, et un jour de retard se prouve par une date.